Un circuit ne commence pas toujours comme prévu.
Greg et ses trois compagnons de voyage ont atterri en Islande un matin de juillet, prêts pour huit jours de circuit privé à travers le pays. Ce qui les attendait à la place — dans la première heure — c’était un vol en retard, deux valises égarées et une visite imprévue dans une boutique de location de vêtements à Reykjavík.
Le ton était donné. Car ce qui rend un circuit privé en Islande mémorable, c’est rarement ce qui est écrit sur l’itinéraire. C’est le moment où les choses dérapent et où votre guide sait exactement quoi faire. C’est la conversation en voiture qui donne son histoire à une cascade. C’est la blague récurrente qui démarre au jour trois et survit jusqu’à la dernière photo au bord d’un canyon des Hautes Terres.
Voici le récit du circuit de huit jours de Greg avec Philippe, notre co-fondateur et guide principal. Il couvre Snæfellsnes, le Cercle d’Argent, le Cercle d’Or, la Côte Sud, les lagons glaciaires et une traversée complète de la route F208 des Hautes Terres — mais les moments qui ont marqué tout le monde n’avaient que peu à voir avec une liste d’étapes.
Après le circuit, voici ce que Greg avait à dire :

Les Voyageurs
Greg et son groupe — quatre Australiens — sont arrivés en Islande fin juillet, première étape d’un voyage plus large qui devait se terminer par un départ en croisière depuis Reykjavík. Ils avaient huit jours, un goût pour l’aventure et le genre d’humour qui transforme un désastre de bagages en sketch comique.

Le plan était une boucle complète couvrant les régions ouest, sud et les Hautes Terres d’Islande, le tout dans notre Toyota Land Cruiser — le véhicule conçu pour le type de routes qui apparaît plus loin dans ce récit.
Ce que Philippe a appris très vite : Greg est grand. Très grand. Le plan initial prévoyait que le groupe alterne à la place du passager avant pour profiter des meilleures vues. Après quelques heures de route, il est devenu évident que la banquette arrière d’un Land Cruiser, aussi généreuse soit-elle, n’était pas faite pour la carrure de Greg. Il est devenu le copilote permanent de Philippe pour le reste du voyage — et le siège avant n’a plus jamais été contesté.

Jour 1 — Arrivée : quand l’Islande teste votre flexibilité
Le vol était en retard. Deux des quatre valises n’étaient pas arrivées. Pour la plupart des voyageurs, cela plomberait le début des vacances. Pour ce groupe, c’est devenu la première aventure partagée.
Philippe les a conduits à la boutique de location de vêtements à Reykjavík recommandée par Icelandair — un service que la plupart des visiteurs ignorent. Tandis que le groupe essayait des vestes dépareillées, des chaussures de randonnée deux tailles trop grandes et des couches imperméables qui avaient clairement connu des jours meilleurs, la cabine d’essayage s’est transformée en un mélange de défilé de mode et de spectacle comique.
Ils sont repartis équipés pour tout ce que l’Islande leur réserverait les jours suivants, et ils sont repartis en riant. Les valises finiraient par arriver. L’Islande n’allait pas attendre.
Jour 2 — Péninsule de Snæfellsnes : copilote confirmé
La première journée complète a emmené le groupe vers l’ouest, sur la péninsule de Snæfellsnes — une région souvent appelée « l’Islande en miniature » pour la façon dont elle concentre glaciers, champs de lave, falaises côtières et villages de pêcheurs sur un seul pan de côte.
Philippe a emprunté les routes de montagne qui traversent l’intérieur de la péninsule, offrant des vues panoramiques sur le glacier-volcan Snæfellsjökull — celui-là même que Jules Verne a choisi comme entrée vers le centre de la Terre. De là-haut, toute la péninsule se déploie en contrebas, et par un jour clair comme celui-ci, on peut voir jusqu’aux Westfjords.
Le groupe a exploré les arches côtières d’Arnarstapi, la plage de galets noirs de Djúpalónssandur et l’emblématique montagne Kirkjufell. Une journée bien remplie, et le genre de variété visuelle qui fait de Snæfellsnes une ouverture si réussie pour un circuit en Islande.
Le vrai moment fort est venu à l’hôtel le soir. Les valises étaient arrivées.
Et puis est venu le dîner.
Le groupe de Greg, étant australien, a demandé au restaurant s’ils pouvaient apporter leur propre bouteille de vin — une pratique courante en Australie appelée BYO, où l’on paie un petit droit de bouchon. Le serveur, visiblement perplexe, est allé vérifier auprès du manager. La réponse est revenue : oui, techniquement ils pouvaient apporter leur vin. Le droit serait le prix de la bouteille la moins chère de la carte des vins — environ 9 000 ISK.
Le dîner s’est dégusté sobre, et la carte des vins est restée intacte.
Jour 3 — Le Cercle d’Argent : cartes, cratères et bains de canyon
Le troisième jour cap vers l’intérieur des terres et le Cercle d’Argent — un itinéraire à travers le Borgarfjörður que la plupart des visiteurs en Islande ne connaissent pas, malgré ses sites naturels parmi les plus beaux et insolites du pays.
La journée a commencé par une randonnée facile jusqu’au sommet de Grábrók, un cratère volcanique éteint avec vue sur la vallée recouverte de lave. Puis sont venues les cascades : Glanni, nichée dans une forêt paisible le long de la rivière à saumons Norðurá, suivie de Hraunfossar — l’une des cascades les plus inhabituelles d’Islande, où l’eau suinte à travers un champ de lave et ruisselle le long d’une berge entière au lieu de tomber d’une seule falaise. Juste à côté, Barnafoss se fracasse dans un étroit chenal rocheux, violent et bruyant là où son voisin est calme.
Un arrêt à Deildartunguhver — la source chaude la plus puissante d’Europe — et une visite guidée du tunnel de lave Víðgelmir, vieux de 5 000 ans, ont complété les visites. Mais la vraie récompense est venue à la fin : les Húsafell Canyon Baths, une expérience géothermale exclusive nichée dans un canyon étroit. Eau chaude, air frais, parois de canyon de chaque côté, et le genre de silence que l’Islande maîtrise mieux que nulle part ailleurs.
Ce soir-là, le groupe a initié Philippe au Five Crowns — un jeu de cartes qui allait devenir un rituel chaque soir. La compétition était féroce. L’enjeu : la fierté. Les règles ont été expliquées une fois, puis constamment débattues pour le reste du voyage.
Jour 4 — Cercle d’Or via Kaldidalur : pieds mouillés sur un glacier tiède
Ce jour-là, l’itinéraire a pris un détour délibéré.
Au lieu d’approcher le Cercle d’Or depuis Reykjavík comme la plupart des circuits, Philippe a conduit le groupe par Kaldidalur — une piste de montagne qui passe entre les deux plus grandes calottes glaciaires d’Islande, Langjökull et Þórisjökull. C’est un itinéraire que la plupart des visiteurs ne voient jamais, et il recadre toute l’expérience du Cercle d’Or. On arrive par le côté sauvage, après avoir traversé des paysages qui appartiennent davantage à l’intérieur qu’au sud-ouest.

L’expérience motoneige sur le glacier Langjökull était l’étape suivante. Sur le papier, cela devait être une montée d’adrénaline simple — rouler sur la surface de la deuxième plus grande calotte glaciaire d’Islande. En pratique, l’été de cette année avait été exceptionnellement chaud. Une canicule record la semaine précédente avait accéléré la fonte, et la surface du glacier était plus boue que glace. Le groupe est revenu hilare mais trempé des genoux aux pieds.
Des pieds mouillés n’ont pas entamé le moral. Philippe a ajusté le programme pour visiter Þingvellir, Geysir et Gullfoss en fin d’après-midi — évitant les foules de la mi-journée et laissant aux chaussures du groupe le temps de sécher dans la voiture.
Jour 5 — Côte Sud : la naissance du jeu du coffre de toit
La Côte Sud a livré ce qu’elle livre toujours — une procession incessante de cascades, de sable noir et de glaciers. Seljalandsfoss, où l’on passe derrière le rideau d’eau. Skógafoss, large et tonnante. La langue glaciaire de Sólheimajökull, craquelée et bleue contre le sable noir. Le promontoire de Dyrhólaey, où le groupe a eu la chance de repérer des macareux nichant sur les falaises. Et Reynisfjara, la plage de sable noir avec ses colonnes de basalte et les vagues fracassantes de l’Atlantique.


Mais cette journée restera dans les mémoires pour tout autre chose.
À un moment pendant le trajet, Linda a remarqué combien de voitures sur les routes islandaises portent des coffres de toit. C’est un spectacle véritablement courant en Islande — la plupart des familles en possèdent un. Linda trouvait cela infiniment fascinant, et ce qui a commencé comme une observation anodine s’est transformé en un jeu de route à part entière : chaque fois que le groupe repérait une voiture avec un coffre de toit, le premier à le voir devait crier « Coffre de toit ! »
Le jeu est devenu obsessionnel. Des points étaient réclamés. Les observations contestées étaient débattues. Philippe a apporté l’angle islandais : les locaux appellent les coffres de toit þakbox, mais le surnom informel — « la boîte de la belle-mère » — a failli provoquer un incident diplomatique sur la banquette arrière.
Le Jeu du Coffre de Toit a survécu jusqu’au dernier jour. Il n’a jamais été officiellement abandonné.
Jour 6 — Vatnajökull : glace, diamants et canyon
Le sixième jour a emmené le groupe vers l’est, dans le domaine du Vatnajökull, la plus grande calotte glaciaire d’Europe — et dans les paysages pour lesquels l’Islande est la plus célèbre à l’international.
Le lagon glaciaire de Jökulsárlón est l’un de ces endroits qui semblent presque artificiels en photo, mais en personne, c’est l’échelle qui vous saisit. Des icebergs de la taille d’immeubles dérivent sur un lac alimenté directement par le glacier au-dessus, et le silence — brisé seulement par le craquement occasionnel de la glace qui vêle — est presque théâtral.


De l’autre côté de la route, les icebergs emportés vers la mer reviennent s’échouer sur la Diamond Beach, posés sur le sable volcanique noir comme des pierres précieuses géantes captant la lumière.

Fjallsárlón, un lagon glaciaire plus petit et plus calme à quelques minutes, a offert au groupe une version plus intime de la même expérience — moins de monde, plus près de la paroi de glace, et une quiétude que Jökulsárlón n’a pas toujours.
Une visite de Skaftafell dans le parc national du Vatnajökull et du spectaculaire canyon de Fjaðrárgljúfur — une gorge serpentine de deux kilomètres creusée dans la roche ancienne — a complété une journée qui couvrait plus de paysages que la plupart des gens n’en voient en un voyage entier.

Jour 7 — La F208 : Hautes Terres, sources chaudes et photo d’adieu
Ce jour-là, le circuit a mérité son Land Cruiser.
La F208 complète — une piste des Hautes Terres qui relie les basses terres à Landmannalaugar à travers certains des terrains les plus reculés et spectaculaires d’Islande — n’est pas une route que l’on conduit à la légère. Il faut un vrai 4x4, de l’expérience en traversée de rivières, et la confiance de continuer quand le paysage ne ressemble plus à rien de connu.

Philippe les a emmenés par le sud. La première surprise était Huldufoss — une cascade cachée derrière le campement Hólaskjól que la plupart des voyageurs dépassent sans s’arrêter. À partir de là, la F208 s’est révélée : un paysage après l’autre, chacun complètement différent du précédent. La mousse verte a cédé la place à la lave noire. Des pentes volcaniques rouges sont apparues à côté de dépôts minéraux orangés. Des rivières traversaient les champs de lave, et chaque passage nécessitait que Philippe lise l’eau avant de s’engager. Dans le Land Cruiser, le groupe regardait depuis des sièges secs tandis que la rivière montait le long des passages de roues.


Puis est venu Landmannalaugar — la destination qui rend chaque traversée de rivière de la F208 justifiée. Des montagnes de rhyolite aux teintes rouges, jaunes, vertes et violettes les entouraient de toutes parts. La chaleur géothermale sous les champs de lave alimente des sources chaudes naturelles, et après une courte randonnée dans la zone, le groupe s’est immergé dans l’eau chaude, entouré de rien d’autre que de nature volcanique et de ciel.





Le retour a emprunté la section nord de la F208, traversant un désert volcanique et longeant la vallée de la rivière Þjórsá. Le dernier arrêt était Sigöldugljúfur — la Vallée des Larmes — un canyon où des dizaines de cascades dégringolent de parois abruptes des deux côtés. C’est l’un des endroits les plus beaux et les moins visités d’Islande, et c’est ici que le groupe a pris sa photo d’adieu.
Huit jours. Quatre Australiens. Un Land Cruiser. Et un canyon rempli de cascades pour conclure.
Jour 8 — Transfert vers le port de croisière
Philippe a conduit le groupe au port de Reykjavík, où ils embarqueraient sur leur croisière. Les adieux étaient chaleureux, le Jeu du Coffre de Toit a marqué un dernier point dans la traversée de Reykjavík, et le classement du Five Crowns est resté non résolu.
Ce qui a fait la réussite de ce circuit
Chaque circuit privé est différent parce que chaque groupe est différent. Mais quelques éléments ont rendu le circuit de Greg particulièrement mémorable — et ce sont les mêmes qui rendent le circuit privé en Islande systématiquement supérieur aux alternatives.
La flexibilité dès la première minute. Quand deux valises ont disparu à l’arrivée, Philippe s’est adapté immédiatement. Un circuit en groupe aurait haussé les épaules. Un voyageur en location de voiture aurait été au téléphone avec la compagnie aérienne en essayant de naviguer dans Reykjavík. Avec un guide privé, le problème était résolu avant même d’en devenir un.
Un itinéraire construit pour le groupe. Le plan initial a évolué pendant le voyage. Les journées ont été réorganisées en fonction de la météo et de l’énergie. L’approche du Cercle d’Or par Kaldidalur — pas un itinéraire touristique classique — a eu lieu parce que Philippe savait que cela offrirait une meilleure expérience à ce groupe en particulier.
L’accès aux Hautes Terres. La traversée complète de la F208 est quelque chose que la plupart des visiteurs en Islande ne vivent jamais, parce qu’elle nécessite un véhicule et un conducteur équipés pour. Dans notre Land Cruiser, avec Philippe lisant les rivières et le terrain, le groupe a accédé aux paysages intérieurs les plus spectaculaires d’Islande en toute sécurité et confort.
L’élément humain. Le Five Crowns chaque soir. Le Jeu du Coffre de Toit à chaque trajet. La négociation du vin BYO devenue une histoire récurrente. Ce ne sont pas des choses qui figurent sur un itinéraire, mais ce sont celles dont on se souvient dix ans plus tard. Elles arrivent parce qu’un circuit privé crée l’espace pour les vivre — du temps partagé, des blagues partagées, un guide qui fait partie du groupe.
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FAQ
Combien de temps dure ce type de circuit en Islande ? Le circuit de Greg durait huit jours, arrivée et départ en croisière inclus, avec six journées complètes de visite. C’est un rythme confortable pour couvrir l’ouest de l’Islande, la Côte Sud, la région glaciaire et les Hautes Terres. Des itinéraires similaires vont de cinq à dix jours selon les régions souhaitées.
Faut-il un Land Cruiser pour les Hautes Terres ? Il faut un véhicule adapté. Les routes F qui mènent à Landmannalaugar, Þórsmörk et autres destinations des Hautes Terres sont légalement réservées aux 4x4, et beaucoup nécessitent de véritables traversées de rivières. Notre Toyota Land Cruiser est spécifiquement modifié pour ces conditions.
Un circuit privé peut-il s’adapter en cas d’imprévu ? C’est l’un des plus grands avantages. Des bagages perdus aux changements météo en passant par un glacier plus liquide que solide, un guide privé adapte le programme en temps réel. L’itinéraire est un cadre, pas un contrat.
Les Hautes Terres valent-elles le détour ? Si vous avez le temps — absolument. Les Hautes Terres sont l’Islande dans ce qu’elle a de plus brut et de plus gratifiant, et elles sont inaccessibles sans le bon véhicule et l’expérience nécessaire. Le groupe de Greg a unanimement dit que la journée F208 était le point fort du voyage.
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